Menu
Actualité
Archives


 








3 Décembre 2002 à 0h20
On est déjà lundi soir ... ces trois derniers jours n'ont presque pas existés. Etrange. Pas tant que ça en fait, le plaisir en est tout pour moi.

Comme les news précédentes l'ont suggéré j'ai eu un accident de la route. C'était dans la nuit de vendredi à samedi, à 1h26. Ironie du sort, ce n'était pas en rentrant d'une soirée mais en me rendant chez un ami.

Comment cela s'est déroulé ? Posons le décor : un virage en pente et une route mouillé. L'histoire est simple, tellement simple que s'en est navrant. Dans le virage, la voiture a commencé à perdre de l'adhérence. Je me suis, on peut le dire, affolé et je crois que c'est mon plus gros tort. D'une perte d'adhérence, cela s'est transformé en perte de contrôle à cause d'un contre braquage intempestif, et assuremment inapproprié à la situation. Il est vrai que je ne suis pas pilote de rally, mais le simple fait qu'il existait un moyen d'éviter la perte de contrôle m'attriste. Pire, je me dit que si je n'avais rien fait, la voiture n'aurait quand même pas déviée.

A partir de la perte de contrôle, tout s'est déroulé assez vite (mais je revois chaque centième de seconde) : la voiture a commencé à partir en tête à queue, j'ai réussi à la remettre droite ... mais je roulais sur la voie opposée, et j'ai percuté une voiture venant d'en face. Le choc fut extrêmement violent (ca doit être comme foncer à 100km/h dans un mur). Je me rappele très bien du bruit du choc (très bruyant).

Ensuite j'ai une sorte de "trou", je ne sais pas ce qu'a fait la voiture, j'étais probablement sonné (mais on m'a dit que la voiture a rebondi, tourné, etc...). Peu de temps après l'accident, je me suis "reveillé" et, tout naturellement, je suis sorti de la voiture puis j'ai couru vers l'autre voiture pour voir comment allait son conducteur. Je l'ai trouvé allongé sur le trottoir, en train de téléphoner à sa mère, se tenant la jambe. Je lui ai demandé si ça allait, d'autre gens sont venus, j'ai couru vers ma voiture pour aller chercher mon portable sans pouvoir le trouver, mais quand j'ai demandé si quelqu'un avait appelé l'ambulance on m'a dit que oui. J'ai entendu les sirènes au loin, et là je me suis dit "ouf" et je me suis effondré sur le trottoir.

J'étais en état de choc, le regard dans le vague tandis que la police et les pompiers s'affairaient autour. On s'est occupé de moi, j'avais (histoire de) une violente crise d'asthme, on m'a donné de l'oxygène puis on m'a mis dans l'ambulance.

Premiers soins dans l'ambulance, je me souviens surtout du gars à coté de moi qui disait "reste avec moi" si je faisais mine de fermer les yeux. Arrivé à l'hôpital, on m'a fait des examens pour avoir un bilan sur mon état. J'avais beaucoup de traumatismes, mais rien de cassé.

Vers 5h, le medecin m'a confirmé que tout allait bien, je lui ai dit "vous êtes sûr ?", toujours couché dans mon lit. Du coup, bah paf, je me suis levé et je me suis rhabillé. Bon j'exagère, j'avais mal partout et surtout à ma jambe gauche (me suis gauffré en m'habillant).

Une infirmière est venue me dire que je pourrais partir à 7h du mat, et qu'en attendant je ferais mieux de dormir, ce que je n'ai pas fait, je n'étais pas du tout fatigué. A 7h j'ai donc pu téléphoner, ma mère a du s'affoler, bien sûr. A 8h, j'ai pu partir de l'hôpital (ca va, on nous retiens pas trop quand même). A ma grande surprise ma mère était normale, voir mieux. Je me dit qu'elle doit se dire que j'aurais pu y laisser la vie, hors je n'ai rien et elle doit en être contente.

A 9h, je suis passé faire une déposition au commisariat (constat, procès verbal). A 10h, on a été voir les voitures ... et c'est vraiment là où j'ai pris conscience de la violence du choc. Les voitures étaient complètement nazes (enfin bon, 300 euros à payer à la fourrière pour avoir gardé cette épave).

Dimanche, j'ai été récupérer mon manteau chez la mère de l'autre conducteur, j'ai pris des nouvelles de son fils, il a la rotule brisée. Je n'ai pas trop su lui témoigner ma compassion, je n'arrivais pas à parler. Limite je me demandais si j'allais pas me mettre à pleurer. Sinon je pensais que sa mère serait "méchante", que ce serait dur de lui parler, mais non ... elle devait être bouleversée aussi.

Lundi, j'ai fait pas mal de démarches administratives, pour l'assurance, pour la mairie, la police, etc.

Au final ces trois derniers jours je suis angoissé, je me sens coupable (normal, c'est moi le responsable). J'ai envoyé quelqu'un qui n'a rien demandé à l'hôpital Depuis trois jours j'ai des difficultés à trouver le sommeil, et je ne mange pratiquement plus (déjà perdu 2kg). Je pense que le moral reviendra, que j'arriverais à oublier. Enfin je l'espère ...

Les dégâts matériels sont importants, mais ce qui compte c'est surtout le mental. J'espère que je serais fort, et que je ne craquerais pas, mais aussi que cet accident ne me fasse pas de séquelles psychiques dans la vie de tous les jours ...
 

 


copyright (c) 2002-2026, Phil